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E de ROTHSCHILD, 21/5/13


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ERIC DE ROTHSCHILD

Le mardi 21 mai 2013.





LE VIN : ENTREPRISE ET PASSION

Esprits d’Entreprises recevait Eric de Rothschild qui nous a fait partager sa passion du vin.
Mais au-delà du propriétaire du prestigieux château Lafite Rothschild, c’est un homme généreux et engagé, aux multiples casquettes, que le club a reçu.

Le Mémorial de la Shoah

Président du mémorial de la Shoah depuis son ouverture en 2005, Eric de Rothschild nous confie sa satisfaction de pouvoir, grâce à cet engagement « essayer de transcender le drame de la Shoah pour éduquer la jeune génération. Ce sont ainsi 4500 enfants qui viennent chaque année de toute la région Parisienne pour savoir et comprendre ce qui s’est passé. C’est une véritable leçon de civisme ».

Le Business Angel

Engagé en faveur du développement des banlieues dès 2007, il est l’un des tous premiers chefs d’entreprise à apporter son soutien à Business Angel des cités, le premier fonds d’investissement dédié aux entreprises de banlieues.

Le Banquier

Bon sang ne saurait mentir !
Comme de très nombreux membres de la famille Rothschild, l’activité de banquier est inscrite dans ses gènes. Ainsi, en 1982, il prend la décision « un peu folle » avec son cousin David, de fonder une banque. Une banque familiale, restée indépendante, et « qui ne s’intéresse pas qu’aux gros deals. »

L’exploitant viticole

Quand il reprend les rennes de la prestigieuse maison en 1974, le monde du vin est fortement morcelé, fragmenté, avec des marchés essentiellement nationaux. Les exportations, sauf pour les plus grandes marques, ne sont pas tellement répandues. A cette époque, Lafite est encore « un joyau négligé ». Cinquième génération de Rothschild à diriger l’exploitation, Eric de Rothschild s’implique alors dans la recherche de l’excellence.
Aujourd’hui, le marché s’est globalisé, et on boit des vins de tous les pays un peu partout dans le monde. Le marché est en expansion dans le secteur des vins haut de gamme. La qualité s’est bien améliorée. La part du vin ordinaire, de qualité médiocre est en chute libre. On a assisté à la fin de l’amateurisme ou de la pratique empirique.
Ce qui est marquant aujourd’hui, c’est l’importance prise par le marketing, et le rôle des grandes et moyennes surfaces. Il n’y a plus de circuit traditionnel pour les petits exploitants. Un bon marketing malin permet de vendre plus cher des vins de qualité moyenne.
Les prix ont considérablement augmenté, en raison d’une offre limitée et d’une demande très forte. Surtout sur les grands vins. Avec l’AOC : production limitée ce qui présente des avantages et des inconvénients.

Château Lafite, une « marque »

Château Lafite est devenu une « marque » pour les chinois, au même titre que Coca Cola, Vuitton ou Hermès… ! Alors que la propriété ne produit que 20 000 caisses par an. Les 8 plus grandes « marques » de Bordeaux (Premiers Crus ou assimilés) produisent 100.000 caisses de vins. Ce qui est trop peu pour la demande.

Faut-il investir dans le vin ?

L’investissement viticole reste un bon investissement à condition que l’on s’intéresse au haut de gamme du marché. Mais si l’on considère que la famille Rothschild a acheté Lafite en 1868 et qu’il a commencé à être profitable en …. 1970, il faut être patient. Le prix de la terre viticole a toujours été en hausse. Plus on monte en gamme, + le rendement est élevé, mais le rendement reste faible à 3 % avant impôts au moment de l’achat. C’est une sureté pour le patrimoine. Il faut viser haut. C’est plus difficile pour le milieu de gamme.

Il peut être effectivement intéressant d’investir, mais à certaines conditions :
1/ Etre passionné : Le travail de la vigne est très difficile, très prenant et très exigeant. Le résultat dépend des conditions climatiques, et ce n’est jamais gagné. Il faut travailler dur pour faire un vin merveilleux.
2/ Ne pas « chipoter » sur la qualité. Soit on a les moyens et on investit dans un domaine qui possède un véritable potentiel élevé, sinon…ce n’est pas la peine.
3/ Faire attention aux questions familiales. Le vignoble peut soit permettre de réunir la famille autour d’une passion commune, soit il la divise et les questions de jalousie peuvent être difficiles à surmonter. C’est donc un facteur de réunion ou de division.
4/ Prendre un peu de dettes, mais pas trop. 5/ Savoir s’entourer de bons professionnels, et avoir un domaine d’une taille suffisante. 6/ La performance connue dans le passé peut ne pas se reproduire à l’avenir. Pas sûr que les prix continuent à flamber aussi fort. Ca va se calmer. Attention au timing. Ne pas se précipiter. 7/ Il faut de la passion, de la passion et encore de la passion !

C’est une grande chance d’exercer ce métier, et un grand bonheur de pouvoir conserver la qualité de ce vin.

Le verbatim des questions-réponses :

Q : Le réchauffement climatique :
Malheureusement on ne peut pas changer les choses ; le réchauffement climatique est un fait. C’est un problème de fond à intégrer : entre 1985-88 et 2009, les dates de vendange se sont avancées de 10 jours, avec d’ailleurs des très grands millésimes. Il faut savoir que ces 3 dernières années, les dates de vendange sont revenues à des normes anciennes. Enjeu : Evolution du Gulf stream et son éloignement possible.

Q : Quelles perspectives avec la Chine ?
OK pour faire du vin en Chine et Lafite y est présent en direct. Mais attention à la brutalité du gouvernement local. Le droit de propriété n’est pas évident en Chine.
Pour ce qui est de la vente de nos vins en Chine, il y a eu une très forte spéculation qui s’est calmée depuis 2011. Cette très forte hausse a amené un ralentissement des achats de nos clients anglais et américains, ce qui est inquiétant ; il n’est pas sain d’avoir un seul pays acheteur.
Aujourd’hui, pour être certain qu’il n’y ait pas que des millionnaires qui puissent déguster du Lafite, nous organisons des dégustations avec les Clubs œnologiques des grandes universités. Ceci me parait intelligent, car ces étudiants seront les « tycoon » de demain.
Pour ce qui est d’investir dans des fonds spécialisés dans le vin, cela ne me paraît pas une très bonne idée. Les charges de ces fonds sont très élevées. Il vaut mieux acheter chaque année en primeur et boire ces vins ou les laisser à ces enfants.
Une solution est d’acheter 2 fois plus de vins que l’on consomme, et 10 ans après, vendre une caisse qui, la plupart du temps, paie les 2 nouvelles caisses de primeurs. De cette façon, on s’est constitué un capital dont le rendement vous permet de boire à l’œil !

Q : La contrefaçon ?
Il est très difficile de lutter. Les chinois sont trop efficaces. Toutefois, une Action concertée a été engagée avec le Comité Colbert, à travers une Coopération avec le gouvernement chinois pour lutter contre ce fléau.

Q : Des grands souvenirs de vin ?
Romanée Conti 1947.

Q : à propos de la marque, quelles actions entreprises pour la promouvoir ? Entretenir le prestige ?
Action minimale. On ne sait pas quelle part de la publicité est efficace.
Attention à la qualité.
Avoir de bonnes relations avec les négociants = ambassadeurs.
C’est un jeu subtil entre le court et le long terme.

Q : L’Expansion ?
Autres acquisitions : l’exploitation au Chili est progressivement passée de 100 ha à 600 ha aujourd’hui.
Corbières, totalement replantés. Corbières : vins costauds, très bons.
Fabrication des tonneaux chez Lafite pour contrôler la qualité .
Le négociant : c’est un système veineux capillaire. Il faut diffuser le produit finement. Avoir un partnership.
Ex : Pinault pour Latour bien qu’ayant décidé de ne pas vendre en primeur, n’a pas l’intention de se passer du négoce.

Q : Coûts de fabrication ? Par parties (Hors terrain, barrique, et distribution) ?
Entre 20 et 30€…


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« La gestion de budget national est étonnante, on ne dissocie pas investissement et exploitation courante. Ex : Pb des emplois aidés qui ne créent pas d’emplois »

« Je suis soucieux de l’avenir économique de la France : ça me désespère de payer des impôts pour ne constater aucun effet ni économique, ni social, même si de payer des impôts est un devoir »

« Le traitement réservé à la famille Peugeot est choquant alors qu’ils ont été plus vertueux que d’autres dans une démarche parfois même contraire à leurs propres intérêts »


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