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Chômage et arrêt maladie : droits et démarches à connaître

Quand la maladie frappe un demandeur d’emploi, une mécanique administrative complexe se met en marche. Entre l’assurance maladie qui prend le relais, France Travail qui suspend les versements, et la crainte de perdre ses droits, difficile de savoir où l’on met les pieds. Pourtant, la situation est plus fréquente qu’on ne le croit : un rhume prolongé, une intervention chirurgicale, un burn-out qui traîne… personne n’est à l’abri. Et contrairement aux idées reçues, tomber malade quand on est au chômage ne signifie pas perdre ses allocations définitivement. Les règles sont précises, mais elles demandent de la rigueur dans les démarches. Un certificat médical transmis dans les temps, une actualisation correcte auprès de France Travail, et tout peut se jouer à quelques heures près. L’enjeu pour un dirigeant de TPE ou de PME qui accompagne un salarié en fin de contrat, c’est aussi de bien comprendre ces mécanismes pour éviter les incompréhensions ou les ruptures de droits qui pèseraient lourd dans une relation de confiance. Car dans ce domaine, l’information claire vaut de l’or.

Comprendre le mécanisme de suspension des allocations chômage pendant l’arrêt maladie

L’allocation d’aide au retour à l’emploi, communément appelée ARE, repose sur un principe fondamental : l’aptitude physique à occuper un emploi. Dès lors qu’un demandeur d’emploi se trouve en arrêt maladie, il ne remplit plus cette condition, et le versement de l’ARE est automatiquement suspendu. Ce n’est pas une perte sèche, mais un gel temporaire : la période non utilisée sera reportée à l’issue de l’arrêt. Cette logique peut sembler brutale, mais elle répond à une cohérence systémique entre les différents régimes de protection sociale.

Pendant l’arrêt, le relais est pris par l’Assurance maladie. Les indemnités journalières versées par la CPAM viennent compenser la perte de revenus, calculées sur la base du dernier salaire perçu. Ces indemnités ne sont pas équivalentes à l’ARE : elles suivent leurs propres règles de calcul, incluent un délai de carence de trois jours, et sont soumises à des cotisations sociales ainsi qu’à l’impôt sur le revenu dans la plupart des cas. Le passage de l’un à l’autre peut donc générer une baisse de revenus temporaire, ce qui justifie une anticipation budgétaire pour les personnes concernées.

Prenons un exemple concret. Caroline s’inscrit à France Travail le 1er mars avec une durée d’indemnisation maximale de six mois. Le 15 avril, elle tombe malade pour quinze jours. Durant cette période, elle perçoit des indemnités journalières de la sécurité sociale, mais son compteur d’ARE ne tourne pas. À la reprise, le 1er mai, elle peut de nouveau percevoir son allocation jusqu’au 15 septembre, soit six mois complets à partir de son inscription initiale, auxquels s’ajoutent ces quinze jours non consommés. Ce report automatique protège le demandeur d’emploi, mais il suppose une réactivation manuelle auprès de France Travail.

Cette mécanique de suspension et de report est essentielle à bien saisir pour éviter toute mauvaise surprise. Elle implique aussi une vigilance accrue dans les démarches administratives : la CPAM doit être informée dans les quarante-huit heures suivant la consultation médicale, et France Travail dans les soixante-douze heures. Passé ces délais, le risque de perdre une partie de ses droits devient réel. Pour un dirigeant accompagnant un collaborateur en fin de parcours dans l’entreprise, rappeler ces échéances peut faire toute la différence.

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Les règles de calcul des indemnités journalières

Le montant des indemnités journalières de la sécurité sociale dépend du salaire brut perçu avant la rupture du contrat. Pour un salarié du secteur privé, l’indemnité correspond à 50 % du salaire journalier de référence, calculé sur les trois derniers mois de salaire. Ce montant est plafonné : en 2026, il ne peut excéder environ 51 euros par jour pour une maladie ordinaire. Les arrêts liés à une maladie professionnelle ou un accident du travail suivent des règles plus favorables, avec un taux pouvant atteindre 80 % après un certain délai.

Ce système peut surprendre lorsqu’on le compare aux allocations chômage, souvent plus proches du salaire net de référence. Un demandeur d’emploi habitué à percevoir 70 % de son ancien salaire via l’ARE se retrouvera avec seulement 50 % pendant son arrêt maladie. Cette différence peut peser lourd sur un budget serré, d’autant que les frais de santé continuent de courir. Anticiper cette baisse, c’est aussi prévoir un coussin de trésorerie personnel, à l’image de ce qu’un dirigeant fait pour son entreprise.

La question du délai de carence

Que ce soit pour l’ARE ou pour les indemnités journalières, un délai de carence s’applique. Pour l’ARE, ce délai peut être rallongé par d’éventuelles indemnités de rupture perçues lors de la fin du contrat, comme une indemnité compensatrice de préavis ou de congés payés. Pour les indemnités journalières, le délai est de trois jours à compter du premier jour d’arrêt. Ces mécanismes de carence peuvent créer des périodes sans revenu, qu’il convient de prendre en compte dans toute planification financière.

Les démarches incontournables pour préserver ses droits

La gestion d’un arrêt maladie en période de chômage repose sur une chronologie précise. Toute erreur de timing peut entraîner une perte partielle ou totale des droits, que ce soit côté Assurance maladie ou côté France Travail. Le premier réflexe consiste à informer sa caisse primaire d’assurance maladie dans les quarante-huit heures suivant la consultation médicale. Le certificat médical doit être transmis via le téléservice Ameli ou par courrier recommandé si l’on souhaite garder une trace. Ce document est la clé de voûte de l’indemnisation : sans lui, aucune indemnité journalière ne sera versée.

Parallèlement, le demandeur d’emploi doit déclarer son arrêt maladie à France Travail dans les soixante-douze heures. Cette déclaration peut se faire en ligne via l’espace personnel, par téléphone au 39 49, ou en se rendant dans une agence. Cette démarche permet de geler les droits à l’ARE et d’éviter toute demande d’actualisation pendant la durée de l’arrêt. Si l’arrêt dépasse quinze jours, une réinscription sera nécessaire à la reprise, toujours accompagnée d’un certificat médical attestant de l’aptitude à reprendre une activité professionnelle.

Ces délais stricts peuvent sembler contraignants, mais ils répondent à une logique de contrôle et de coordination entre les régimes sociaux. Pour un entrepreneur, cette rigueur administrative n’est pas sans rappeler les exigences de conformité auxquelles une entreprise est confrontée : reporting, déclarations sociales, respect des échéances fiscales. La même discipline s’impose ici, à titre individuel. Un conseil pratique : numériser systématiquement tous les documents médicaux et garder une copie de chaque déclaration transmise, avec la date et le canal utilisé.

Dans le cas où l’arrêt maladie est antérieur à la rupture du contrat de travail, le salarié doit attendre la fin de son arrêt pour s’inscrire à France Travail. Cette règle découle du principe d’aptitude physique, mais elle ouvre un droit particulier : le délai pour faire valoir ses droits aux allocations chômage est prolongé d’autant que dure l’arrêt. Normalement fixé à douze mois après la fin du contrat, ce délai peut être étendu pour tenir compte de la période d’inactivité forcée. C’est une protection souvent méconnue, mais essentielle pour ne pas perdre ses droits par méconnaissance des règles.

Les documents à fournir impérativement

Outre le certificat médical initial, plusieurs pièces peuvent être demandées en cours de route. La CPAM peut exiger des justificatifs complémentaires si l’arrêt se prolonge : ordonnances, compte-rendu d’hospitalisation, certificats de prolongation. France Travail, de son côté, peut demander une attestation de reprise d’activité pour débloquer le versement de l’ARE après l’arrêt. Ces documents doivent être fournis dans les délais impartis, sous peine de blocage administratif. Là encore, la réactivité est de mise, et il vaut mieux anticiper que courir après les papiers à la dernière minute.

Actualisation et suspension des obligations de recherche d’emploi

Pendant la durée de l’arrêt maladie, le demandeur d’emploi n’a pas à actualiser sa situation mensuelle ni à justifier de démarches de recherche active d’emploi. Cette suspension est automatique dès lors que France Travail a été informé de l’arrêt. À la reprise, il faudra procéder à une actualisation dans le mois suivant la fin de l’arrêt pour réactiver le versement de l’ARE. Cette étape est souvent source d’oublis, et elle peut entraîner un délai de paiement supplémentaire si elle n’est pas effectuée à temps. Un rappel dans son agenda personnel ou un accompagnement par un conseiller peut s’avérer précieux.

Arrêt maladie avant ou après la rupture du contrat : deux situations distinctes

Le moment où survient l’arrêt maladie détermine largement le régime applicable et les démarches à suivre. Si l’arrêt commence pendant l’exécution du contrat de travail, il est assimilé à du temps de travail effectif pour le calcul des droits des travailleurs au chômage. Cela signifie que les périodes d’arrêt comptent dans la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir des droits à l’ARE, généralement fixée à six mois de travail sur les vingt-quatre derniers mois. Cette règle protège le salarié qui tombe malade en cours de contrat et lui garantit une continuité de droits à l’issue de son contrat.

En revanche, si l’arrêt maladie intervient après la rupture du contrat, il ne compte plus dans la durée d’affiliation. Le demandeur d’emploi sera indemnisé par la CPAM tant que dure l’arrêt, mais ses droits à l’ARE resteront en suspens jusqu’à sa reprise d’aptitude. Cette distinction peut sembler technique, mais elle a des conséquences pratiques importantes. Un salarié licencié pour motif économique qui tombe malade juste après la fin de son préavis devra patienter avant de toucher l’ARE, alors qu’un salarié tombé malade pendant son préavis aura déjà commencé à accumuler des droits.

Cette dualité pose aussi la question du moment optimal pour s’inscrire à France Travail. Même en arrêt maladie, il est possible, et souvent recommandé, de procéder à une inscription administrative. Cela permet de faire courir les délais et de préparer le dossier d’indemnisation, même si le versement effectif de l’ARE n’interviendra qu’après la fin de l’arrêt. Cette stratégie proactive est typique d’une approche entrepreneuriale : anticiper, structurer, ne pas subir. Pour un dirigeant confronté à la gestion d’une équipe en restructuration, rappeler ces subtilités peut faciliter la transition de ses collaborateurs vers de nouveaux projets professionnels.

Situation Prise en compte pour l’ouverture des droits Indemnisation pendant l’arrêt Démarches spécifiques
Arrêt maladie pendant le contrat de travail Oui, assimilé à du temps de travail effectif Indemnités journalières de la CPAM Déclaration CPAM sous 48h, information employeur
Arrêt maladie après la rupture du contrat Non, mais report des droits ARE Indemnités journalières de la CPAM Déclaration CPAM sous 48h, déclaration France Travail sous 72h
Arrêt maladie supérieur à 15 jours Selon la situation initiale Indemnités journalières de la CPAM Réinscription à France Travail après la reprise
Arrêt maladie avant inscription à France Travail Prolongation du délai d’inscription (12 mois + durée de l’arrêt) Indemnités journalières de la CPAM Inscription après la fin de l’arrêt, certificat de reprise obligatoire

Le cas particulier du préavis non exécuté

Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie pendant son préavis, celui-ci est suspendu et non exécuté. Cette suspension n’empêche pas l’ouverture des droits au chômage, car le préavis fait partie intégrante de la rupture du contrat. Le salarié pourra donc bénéficier de l’ARE dès la fin de son arrêt, sans avoir à attendre la fin théorique du préavis. Cette règle est particulièrement utile dans les cas de licenciement pour motif économique ou de rupture conventionnelle, où le préavis peut être long et où une maladie peut survenir en fin de parcours.

Les arrêts maladie de longue durée

Au-delà de six mois d’arrêt, le régime d’indemnisation peut évoluer. La CPAM peut proposer une prise en charge au titre de l’invalidité ou de l’affection de longue durée (ALD), ce qui modifie le calcul des indemnités et les obligations administratives. Pour le demandeur d’emploi, cela signifie aussi une prolongation du report de ses droits à l’ARE, qui peuvent être conservés pendant plusieurs années sous certaines conditions. Ces situations complexes nécessitent un accompagnement personnalisé, souvent assuré par un conseiller France Travail ou un assistant social. Toucher le chômage suppose de remplir un certain nombre de conditions, et l’arrêt maladie de longue durée en fait partie.

Cumul et non-cumul : les règles de coordination entre ARE et indemnités journalières

Le principe est clair : il est strictement interdit de percevoir simultanément l’ARE et les indemnités journalières de la sécurité sociale pour une même période. Cette règle de non-cumul vise à éviter les doubles indemnisations et à coordonner les différents régimes de protection sociale. Dès qu’un arrêt maladie est validé par un médecin et déclaré à la CPAM, l’ARE est automatiquement suspendue. La période correspondante est ensuite reportée, ce qui signifie que les droits ne sont pas perdus mais simplement différés.

Cette coordination entre les régimes peut surprendre ceux qui découvrent le système pour la première fois. Pourtant, elle s’inscrit dans une logique de solidarité collective : chaque régime intervient dans son champ de compétence, et les ressources sont mutualisées pour garantir une continuité de revenu sans doublon. Pour un dirigeant habitué à jongler entre plusieurs sources de financement, cette mécanique n’est pas sans rappeler la gestion des flux de trésorerie ou la coordination des financements publics et privés dans un projet d’entreprise.

En pratique, cette règle impose une vigilance accrue dans le suivi des déclarations. Si un demandeur d’emploi oublie de déclarer son arrêt maladie à France Travail et continue de percevoir l’ARE, il s’expose à un contrôle et à un remboursement des sommes indûment perçues. De même, si la CPAM n’est pas informée dans les délais, les indemnités journalières peuvent être réduites ou refusées. Cette double obligation de déclaration peut sembler lourde, mais elle garantit la transparence du système et permet aux organismes de coordonner leurs actions.

Le report des droits à l’ARE est automatique une fois l’arrêt maladie déclaré. À la reprise, le demandeur d’emploi récupère l’intégralité de ses droits restants, à condition de justifier de son aptitude à exercer un emploi. Cette reprise doit être signalée à France Travail dans les meilleurs délais, accompagnée d’un certificat médical de reprise ou d’un avis de fin d’arrêt. La durée totale d’indemnisation peut ainsi être prolongée de plusieurs mois si l’arrêt maladie a été long. Cette souplesse est une protection essentielle pour les personnes confrontées à des problèmes de santé durables.

Les contrôles et les risques de sanction

Les organismes de sécurité sociale et France Travail disposent de moyens de contrôle pour vérifier la cohérence des déclarations. Des croisements de fichiers peuvent révéler des incohérences, comme la perception simultanée de l’ARE et des indemnités journalières. En cas de fraude avérée, les sanctions peuvent aller de la suspension des droits jusqu’au remboursement des sommes perçues, assorties de pénalités financières. Pour éviter tout risque, la meilleure stratégie reste la transparence totale et la déclaration systématique de tout changement de situation.

Les cas limites et les recours possibles

Certaines situations peuvent donner lieu à des interprétations divergentes entre les organismes. Par exemple, un arrêt maladie de quelques jours seulement, déclaré tardivement, peut poser question quant à la suspension ou non de l’ARE. Dans ces cas limites, il est possible de solliciter un conseiller France Travail ou de saisir la commission de recours amiable de la CPAM. Ces recours permettent de clarifier les situations ambiguës et d’obtenir une décision motivée. Là encore, la rigueur documentaire et la conservation de toutes les preuves jouent un rôle clé.

Stratégies pratiques pour sécuriser son parcours et anticiper les difficultés

Gérer un arrêt maladie en période de chômage demande une organisation millimétrée. La première recommandation consiste à s’inscrire à France Travail dès la fin du contrat de travail, même si un arrêt maladie est en cours ou prévisible. Cette inscription administrative permet de faire courir les délais et de préparer le dossier d’indemnisation. Elle n’implique pas de versement immédiat de l’ARE, mais elle sécurise les droits futurs. C’est une démarche proactive, typique d’une mentalité entrepreneuriale qui préfère anticiper que subir.

Ensuite, il convient de constituer un dossier complet et structuré dès le début de l’arrêt maladie. Ce dossier doit inclure tous les certificats médicaux, les accusés de réception des déclarations à la CPAM et à France Travail, ainsi que les relevés de paiement des indemnités journalières. Cette documentation permettra de résoudre rapidement tout litige éventuel et de justifier de sa situation en cas de contrôle. Pour un dirigeant habitué à gérer des audits ou des contrôles fiscaux, cette rigueur documentaire est une seconde nature. Elle devrait l’être tout autant pour un demandeur d’emploi.

Une autre stratégie consiste à rester en contact régulier avec son conseiller France Travail. Ce dernier dispose des informations les plus à jour sur le dossier et peut signaler toute anomalie ou retard dans le traitement. Il peut également orienter vers des dispositifs d’accompagnement spécifiques, comme le reclassement professionnel en cas d’inaptitude partielle ou de handicap reconnu. Ces dispositifs sont souvent méconnus, mais ils peuvent ouvrir des perspectives nouvelles, notamment dans le cadre d’une reconversion professionnelle.

  • S’inscrire à France Travail dès la fin du contrat, même en arrêt maladie
  • Constituer un dossier complet avec tous les certificats médicaux et accusés de réception
  • Déclarer l’arrêt maladie à la CPAM dans les 48 heures suivant la consultation
  • Informer France Travail dans les 72 heures par l’espace personnel en ligne ou par téléphone
  • Conserver une copie de tous les documents transmis avec les dates d’envoi
  • Se réinscrire à France Travail après un arrêt supérieur à 15 jours avec un certificat de reprise
  • Actualiser sa situation dès le premier mois suivant la fin de l’arrêt maladie
  • Solliciter un conseiller France Travail en cas de doute ou de difficulté administrative
  • Anticiper une baisse de revenus pendant l’arrêt et prévoir un coussin de trésorerie
  • Envisager un accompagnement par un assistant social ou une association spécialisée en cas d’arrêt prolongé

Enfin, il est essentiel de prévoir une planification budgétaire adaptée. Le passage de l’ARE aux indemnités journalières peut entraîner une baisse de revenus significative, surtout si l’on prend en compte les délais de carence et les décalages de paiement. Cette baisse peut être compensée par une réduction temporaire des dépenses non essentielles ou par la mobilisation d’une épargne de précaution. Pour un entrepreneur, cette démarche est comparable à la gestion d’une trésorerie en période de ralentissement d’activité : on réduit les coûts fixes, on optimise les flux, on sécurise le fonds de roulement. Gérer ses finances personnelles avec méthode relève de la même logique que la gestion d’une entreprise.

L’importance de l’accompagnement social

Dans certains cas, notamment lorsque l’arrêt maladie se prolonge ou que la situation personnelle se dégrade, il peut être utile de solliciter un assistant social. Ces professionnels disposent d’une connaissance approfondie des dispositifs d’aide et peuvent orienter vers des solutions complémentaires : aides au logement, fonds de solidarité, dispositifs d’insertion, etc. Ils peuvent également intervenir comme médiateurs auprès des organismes administratifs en cas de blocage ou de litige. Cette ressource, souvent sous-utilisée, constitue un levier précieux pour traverser une période difficile sans perdre ses droits ni son moral.

Préparer sa reprise d’activité

La fin de l’arrêt maladie n’est pas qu’une formalité administrative : c’est aussi un moment clé pour reprendre sa recherche d’emploi dans de bonnes conditions. Il peut être utile de profiter de cette période pour actualiser son CV, revoir ses objectifs professionnels, ou suivre une formation courte. France Travail propose plusieurs dispositifs d’accompagnement renforcé, notamment pour les demandeurs d’emploi de longue durée ou ceux confrontés à des problèmes de santé. Mobiliser ces ressources dès la reprise peut faire la différence entre une reprise dynamique et une nouvelle période d’inactivité subie.

Les erreurs fréquentes à éviter et les pièges administratifs

L’une des erreurs les plus courantes consiste à ne pas déclarer son arrêt maladie dans les délais impartis. Que ce soit par méconnaissance des règles ou par négligence, cette omission peut entraîner une perte partielle des indemnités journalières ou un blocage de l’ARE. La CPAM applique des règles strictes : tout certificat médical transmis après quarante-huit heures peut donner lieu à une réduction ou à un refus d’indemnisation. De même, France Travail peut considérer qu’un demandeur d’emploi n’a pas respecté ses obligations et suspendre le versement de l’ARE.

Autre piège fréquent : oublier de se réinscrire à France Travail après un arrêt maladie de plus de quinze jours. Cette réinscription est obligatoire et doit être accompagnée d’un certificat de reprise d’activité. Sans cette démarche, le versement de l’ARE ne reprendra pas automatiquement, ce qui peut créer une période sans revenus. Cette situation est d’autant plus frustrante qu’elle découle d’une simple omission administrative, facilement évitable avec un peu d’anticipation.

Un troisième écueil concerne la confusion entre les indemnités journalières et l’ARE. Certains demandeurs d’emploi pensent pouvoir continuer à percevoir l’ARE pendant leur arrêt maladie, ce qui les conduit à ne pas déclarer leur arrêt. Cette erreur peut se traduire par un trop-perçu, que France Travail réclamera par la suite, parfois avec des pénalités. Pour éviter ce genre de mésaventure, il est crucial de bien comprendre la logique de non-cumul et de déclarer systématiquement tout changement de situation.

Enfin, certaines personnes négligent l’importance de conserver une trace écrite de toutes leurs démarches. En cas de litige ou de contrôle, seuls les documents probants permettent de justifier de sa bonne foi et de défendre ses droits. Un simple mail de confirmation, un accusé de réception postal, ou une capture d’écran de son espace personnel en ligne peuvent faire toute la différence. Cette rigueur administrative, qui peut sembler fastidieuse, est en réalité une assurance contre les aléas bureaucratiques. Pour un entrepreneur, elle équivaut à la tenue d’une comptabilité rigoureuse ou à l’archivage des contrats commerciaux. Comprendre le passage du brut au net fait aussi partie de ces notions essentielles pour gérer sa situation financière avec lucidité.

Les idées reçues à déconstruire

Une idée reçue tenace consiste à penser qu’un arrêt maladie fait perdre définitivement ses droits au chômage. En réalité, les droits sont simplement reportés, et la durée d’indemnisation est prolongée d’autant. Une autre croyance fausse affirme qu’il est impossible de s’inscrire à France Travail pendant un arrêt maladie. Or, l’inscription administrative reste possible et même recommandée, même si le versement de l’ARE n’interviendra qu’après la reprise. Déconstruire ces mythes permet d’aborder la situation avec plus de sérénité et de prendre les bonnes décisions au bon moment.

Les recours en cas de refus ou de litige

Si la CPAM refuse de verser des indemnités journalières ou si France Travail suspend l’ARE de manière contestable, il existe des voies de recours. La commission de recours amiable (CRA) de la CPAM permet de contester une décision dans un délai de deux mois. De même, France Travail dispose d’une procédure de recours gracieux, puis d’un recours contentieux devant le tribunal administratif si nécessaire. Ces procédures peuvent prendre du temps, mais elles permettent de faire valoir ses droits lorsque l’administration commet une erreur. Là encore, la conservation de tous les justificatifs est déterminante pour monter un dossier solide.

Peut-on percevoir l’ARE et les indemnités journalières en même temps ?

Non, il est strictement interdit de cumuler l’allocation de retour à l’emploi et les indemnités journalières de la sécurité sociale pour une même période. Dès qu’un arrêt maladie est déclaré, l’ARE est suspendue et remplacée par les indemnités journalières versées par la CPAM. Les droits à l’ARE sont reportés et pourront être perçus après la fin de l’arrêt maladie.

Quels délais respecter pour déclarer un arrêt maladie quand on est au chômage ?

Il faut informer la CPAM dans les quarante-huit heures suivant la consultation médicale et déclarer l’arrêt à France Travail dans les soixante-douze heures. Ces délais sont impératifs pour éviter une perte ou une réduction des indemnités. La déclaration à France Travail peut se faire en ligne, par téléphone ou en agence.

Un arrêt maladie fait-il perdre ses droits au chômage ?

Non, un arrêt maladie ne fait pas perdre les droits au chômage. Les droits à l’ARE sont simplement suspendus pendant la durée de l’arrêt et reportés à la fin. La durée d’indemnisation totale est prolongée d’autant, ce qui garantit une continuité de protection sociale sans perte de droits.

Peut-on s’inscrire à France Travail si l’on est en arrêt maladie ?

Oui, il est possible de s’inscrire administrativement à France Travail même en arrêt maladie. Cette inscription permet de faire courir les délais et de préparer le dossier d’indemnisation, mais le versement de l’ARE n’interviendra qu’après la fin de l’arrêt et la justification de l’aptitude à exercer un emploi.

Que faire si l’arrêt maladie dépasse quinze jours ?

Si l’arrêt maladie dépasse quinze jours, il faudra se réinscrire à France Travail à la reprise, en fournissant un certificat médical de fin d’arrêt ou de reprise d’activité. Cette réinscription est obligatoire pour débloquer le versement de l’ARE. Il est aussi nécessaire d’actualiser sa situation dès le mois suivant la reprise.